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 Retour d'une naufragée

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MessageSujet: Retour d'une naufragée   Ven 19 Nov - 15:14

<< avant (avec Thunder)

Chez le président Fitzgerald:

Nell poursuivait sa route, fuyant ce qui derrière elle, la menaçait pour se diriger vers cette si belle lumière. Elle avançait, pieds nus dans l’herbe, appréciant la sérénité de l’endroit, oubliant tout ce qui l’avait inquiété. A un moment donné, le paysage s’estompa entièrement pour ne plus laisser que nuages de coton blanc, et brumes légères qui ne menaient plus nulle part. Pourtant, elle continuait d’avancer, droit devant elle, suivant ce rayonnement intense.

Puis soudain, une tâche de couleur la fit sursauter, une tâche rousse, puis une silhouette qui se précisa de plus en plus, jusqu’à ce qu’elle réalisa qu’il s’agissait de sa mère.

- Maman ?
- Anne… il te faut retourner là-bas.

Nell se tourna pour regarder derrière elle, ces nuages sombres sur la ligne d’horizon. Elle regarda de nouveau sa mère et secoua la tête, retrouvant cette méchante angoisse.

- Non, non je ne peux pas. Ils vont me faire du mal. Je ne peux plus y retourner.

Vicky prit doucement ses mains, et lui sourit.

- Non, Anne, ils ne te feront plus de mal, c’est fini… Tu sauras les empêcher s’ils recommencent, tu as le pouvoir de les empêcher.
- Mais comment ?
- C’est là…. C’est là que tu trouveras la réponse.. Vicky posa ses doigts sur les tempes de sa fille…. Tu apprendras, comme le reste….tu apprendras le courage et que les gens ne sont jamais ce qu’ils paraissent. Tu dois apprendre la méfiance encore… la méfiance et la prudence. Mais surtout, ne les laisses plus faire… Retourne là-bas Anne, c’est là-bas qu’est ta place…. Tu as encore beaucoup à faire…… courage..

Nell voulut retenir sa mère, mais Vicky s’éloigna dans ces brumes blanches et disparut bientôt, la laissant seule pour affronter ce ciel assombri…
Elle soupira, et après un dernier regard vers cette si douce lumière, s’en détourna pour revenir sur ses pas.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Ven 19 Nov - 18:33

Le Président avait demandé qu'on le prévienne dès l'arrivée du secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, ou de la Nonce de Boston.

Il avait rejoint la pièce où se tenait la jeune femme, dont il se demandait encore que faire. De fait, il aurait dû la rendre à Maître Sâ, mais il se gardait de ce serpent comme d'un Prêcheur. A sa façon, il prêchait aussi pour un monde d'exclusion et de violence, et non pour une Confédération de rapprochement. Cela agaçait souverainement le Président Fitzgerald et il se demandait en fait comment une femme comme celle qu'il contemplait en silence pouvait être devenue une adepte officielle de Maître Sâ. Cela ne collait pas avec la perception qu'il avait eue d'elle il y a quelques années maintenant, la seule fois où il l'avait rencontrée avant qu'elle ne disparaisse dans la nature.

Il ne se souvenait pas si elle lui avait donné son nom, chose qu'il trouvait pourtant importante. Ne pas connaître, ou oublier un nom, c'était ne pas avoir été assez attentif à l'autre.

Hors, cette jeune femme n'avait jamais cessé d'être présente dans ses pensées. Bien sûr, il ne s'agissait pas d'une obsession absolue, mais de façon régulière, il se rappelait leur rencontre improbable dans les jardins de l'hôpital.

En soupirant, il s'assit, trouvant par ailleurs, dans le calme de la chambre et le léger "bip" des instruments médicaux, un peu de repos. Les événements s'emballaient ces temps-ci, allant plus vite que le rythme qu'il aurait aimé leur voir. Il avait peur dans le fond que la crise qu'il sentait monter lui échappe. Hors, il avait besoin de la contrôler pour obtenir le résultat qu'il en attendait.

Il soupira une nouvelle fois et se força à faire le vide, pour uniquement laisser son esprit s'apaiser au rythme des "bip". Et de fait, ne pas ressentir de sentiments en présence de quelqu'un était à la fois une expérience nouvelle, à la fois une expérience très reposante.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Sam 20 Nov - 19:45

26. Lesiem: Justicia

Le bip sur le panneau de contrôle de sa fréquence cardiaque s’emballa soudain. Elle revenait, elle revenait de son long voyage dans cette autre dimension, elle revenait parce qu’on le lui avait demandé, de sa propre volonté, au risque d’affronter encore ses bourreaux. Mais elle serait forte, elle serait plus forte cette fois et elle saurait les empêcher de recommencer.
Elle avait retenu la leçon et apprendrait la méfiance. Ils avaient échoué dans leur folie, mais leur folie avait révélé, une arme puissante et dangereuse que son éducation bouddhiste avait jusque là gardée enfouie au plus profond de son esprit. La violence ne devait pas être l’apanage d’une fidèle de Bouddha, mais on ne lui avait pas laissé le choix.

Sa respiration s’accéléra tandis qu’elle sentit qu’elle allait franchir le pas. C’était comme si elle se préparait à mener un combat, chargeant son esprit de cette force révélée, parée à attaquer, avant de redevenir leur victime. Elle ne serait plus jamais une victime.

La respiration courte, sa poitrine se soulevant plus vite, elle ouvrit brusquement ses yeux, écarquillés fixant le plafond blanc de cette pièce. Le retour était presque douloureux, ou était-ce la peur ? Non, non ne pas avoir peur, sa mère lui avait insufflé le courage de revenir, elle saurait faire face.

Son expression était celle d’un animal acculé prêt à mordre pour éviter la blessure mortelle. Et il lui fallut quelques secondes pour comprendre, pour reconnaitre ce visage penché sur elle. Son regard s’accrocha au sien, et sa main saisit la sienne avec une force étonnante après ce qu’elle venait de subir. La force du survivant. Elle serra sa main, lui faisait partager involontairement ses derniers moments à la cathédrale, souvenirs physiques et psychiques.

Réalisant ce qu’elle lui faisait, elle lâcha enfin sa main, retombant dans les oreillers, les larmes coulant sur ses joues.

- Désolée…

Il fallait arrêter ça. Elle ne voulait pas lui faire du mal. Elle devait se calmer, … respirer… plus lentement.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Sam 20 Nov - 20:18

Il fut totalement surpris par la soudaine émergence de la jeune femme. De fait, entièrement livré à un calme bienfaisant avant la tempête, il avait bien senti l'émergence d'une conscience, mais si lentement que cela n'avait pas rompu son état de semi-méditation. Au contraire, cette lumière grandissante l'avait accompagné jusqu'à devenir si forte qu'il en fut comme aveuglé.

Ensuite, il ne ressentit jamais la force avec laquelle la jeune femme lui serra la main, mais lui qui était un prescient, prit comme la foudre les images transmises par la jeune femme. Oh, il ne vit rien, ni un visage, ni même une des façons dont la jeune femme fut torturée, car la prescience ne lui permettait pas cela.

Mais elle lui permettait de ressentir les émotions, en quelque sorte l'état d'esprit des personnes autour de lui. Cela avait toujours été un atout immense qui l'avait sans doute aidé dans son ascension au poste de Président de la CES. Beaucoup pensaient que sa force en politique venait de sa capacité à se déplacer rapidement grâce à son avion, un avantage certain au regard des délais nécessaires pour les autres. Mais si l'avion le menait rapidement d'un point à un autre, ce n'était pas lui son atout : c'était qu'il ne parvenait à négocier que lorsqu'il était face à la personne, lorsqu'il pouvait la lire, décrypter ses sentiments et la mener à partager les siens.

Mais aujourd'hui, cet atout devint une arme terrible le soumettant à toute la douleur et la souffrance que l'innocente Nell avait ressentir.

Quand enfin elle le lâcha, l'homme qui avait combattu le Syndicat, qui avait combattu les méthodes de lutte contre le Syndicat, qui avait abattu Alpha, qui avait relevé West-Epsilon d'une quasi-guerre civile, qui avait posé les fondations de la jeune Confédération des États du Sud et qui chaque jour les confortait et étendait son influence, l'homme le plus puissant du sud des États-Unis, s'assit, abasourdi, sonné.

Et se mit à pleurer.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Sam 20 Nov - 23:03

27.

Nell se calma instantanément en sentant la peine de monsieur Fitzgerald, en entendant ses larmes qui chacune était une blessure qu’elle lui avait infligée. Qu’avait-elle fait ? Son empathie prit brusquement en intensité, elle ne voulait pas qu’il fut malheureux par sa faute, elle n’avait pas voulu tout ça. A présent, elle devait faire quelque chose pour lui, pour qu’il lui pardonne.

Elle tenta de se redresser, sentant une boule de chaleur monter du creux de son ventre, l’attirant vers lui. Réparer, elle devait réparer le mal. Ses pieds nus touchèrent bientôt le sol et lentement très lentement, elle avança, l’air si fragile dans cette ample chemise uniforme, oubliant la fatigue, cette faiblesse qui anesthésiait son corps, oubliant tout le reste, pour se concentrer sur lui.


- Je ne voulais pas vous faire de mal… Pardon….

Elle était à présent face à lui, lui le visage caché dans ses mains. Elle leva la main pour le toucher, mais elle eut peur soudain de lui faire encore du mal. La main trembla à hauteur du visage. Pourtant, elle voulait le consoler, elle voulait le prendre dans ses bras, un besoin insensé de réparer qui la prenait au cœur et à l’âme. Quelque chose d’agréable dont elle avait besoin elle-même pour effacer ces dernières heures. Il était là, sa seule lueur d’espoir à l’horizon, le seul moyen qu’elle avait de se prouver qu’ils n’avaient pas fait d’elle le monstre dont ils l’avaient accusé.

- J’aimerai …. J’aimerai croire que je ne suis pas le monstre qu’ils m’ont dit être.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Dim 21 Nov - 11:25

Le président se leva et prit la jeune femme dans ses bras. La violence et la souffrance avaient disparu. Il ressentait juste comme une immense solitude, un sentiment de confusion, une détresse sans pareil et en même temps une force contenue. De la lumière phare qu'il avait rencontré aux abords de l'hôpital, il ne restait que la flamme d'une bougie, mais elle était tout aussi forte et il la sentait prête à prendre de l'ampleur rapidement.

-"Non, vous n'êtes pas un monstre. Ils sont les monstres qu'ils voudraient voir chez les autres. Et je dois mettre fin à leurs exactions, de façon bien plus définitive que je ne l'avais entrevue. Cela signifiera la guerre, qui frappera d'abord à North-Epsilon, mais je n'ai plus le choix. Je ne peux pas permettre cela. Mais il est un moment où l'homme doit accepter le pire pour que survive le meilleur."
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Dim 21 Nov - 16:56

28

Nell se laissa aller contre lui, avec une infinie reconnaissance, retrouvant dans cette étreinte la chaleur qui lui était nécessaire pour renforcer son énergie. Il lui redonnait espoir, et grâce à lui, elle irradiait à nouveau. Tout n’était pas perdu sur cette terre, loin de là, elle sentait sa force, elle sentait son espoir, sa chaleur et cela l’apaisa mieux que des mots, mieux que les paroles qu’il lui dit. Elle s’écarta légèrement, cherchant son regard :

- La guerre, vous voulez déclarer la guerre ?

La voix était inquiète et Nell cherchait les mots qui éviteraient ce déferlement de haine qu’une guerre déclencherait. Elle ne voulait pas que pour elle, il crut que ce mal fut nécessaire.

- Ils ne sont pas tous foncièrement mauvais, ils n’étaient pas tous responsables de ce qui s’est passé. Ils croient si aveuglément en leur dieu…. Et le révérend plus encore.

Sa voix baissa d’un ton, tandis qu’elle regardait un point dans le vide, fouillant parmi ses souvenirs de cet étrange voyage qu’elle avait fait. Elle savait.

- Il faudrait seulement qu’il réalise qu’il est un mutant comme vous et moi. Je le lui ai dit, mais il n’a pas voulu m’écouter.

Elle sentit le besoin de s’assoir, son corps n’était pas encore entièrement remis de ce qu’ils lui avaient fait subir. Il dut le sentir par un soudain relâchement de ses muscles.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Lun 22 Nov - 19:45

Il ressentit son aversion pour la violence et surtout pour le mot "guerre" qu'il avait utilisé.

Aussitôt, sa colère descendit et s'apaisa, tandis que Nell baissait sa voix, comme s'il s'accordait à la douceur de la jeune femme.

Il l'aida à s'asseoir et perdit ainsi le contact avec elle, retrouvant plus de liberté de réflexion.

Pour autant, il profitait de l'ambiance apaisée de la pièce, et surtout, pouvait se concentrer maintenant sur ce qu'elle avait dit.

-"La guerre ? Je ne la veux pas. Je la sais juste incontournable, inévitable. Je peux en reculer le moment, mais pas indéfiniment. Elle ne pourra qu'avoir lieu car nos fondamentaux sont si éloignés, si différents. Plus je l'éloigne et plus je protège nos citoyens, mais plus nos ennemis se préparent et plus l'affrontement sera difficile."

Il s'arrête et réfléchit à tout ce qu'il vient de comprendre, à toutes les implications.

-"Mais je peux gagner un temps précieux avec ce que tu m'as appris. Enfin quelque chose qui me donnerait l'initiative contre les Prêcheurs et sur leur Ambassade. Tu comprends, je sais qu'il existe à Boston, parmi ces Prêcheurs, deux courants très différents, l'un intransigeant et l'autre plus modéré. C'est un peu comme le Syndicat. Si je parviens à élever l'un contre l'autre les deux pouvoirs, l'extrémiste et le modéré, alors la guerre pourrait se concentrer surtout chez eux. Certes, elle aurait lieu sous sa forme la plus ignoble, la forme civile, où les voisins s'entretuent, les familles se déchirent et les enfants sont les premières victimes. Mais j'épargnerais ainsi la population de la CES. Avec ce que tu viens de me dire, je peux peut-être provoquer la rupture idéologique qui sera le prémisse à une gigantesque tremblement de terre social, crisogène, pouvant ainsi conduire Boston à perdre de son influence..."

Et puis il soupire et s'assit à son tour, à côté de la jeune femme.

-"J'imagine que je dois te paraître aussi monstrueux qu'eux, prêt à utiliser leurs propres faiblesses. Mais je suis un homme politique, qui sait que la sauvegarde de ses concitoyens impose qu'il se salisse les mains et - pire - l'âme. Je ne peux pas me permettre de considérer les gens qui travaillent pour moi et autour de moi comme des êtres humains. Je dois les connaître, connaître leur famille, leurs enfants, je dois prendre autant d'heures que nécessaire de mon temps pour tout savoir d'eux. Mais en aucun cas, jamais, je ne dois me laisser aller à les considérer comme des êtres humains. Ce ne sont que des armes, aux effets différenciés, que j'utilise fonction du besoin, pour pouvoir amener à cette grande nation dont je rêve, celle où humains et mutants vivront ensembles, tirant avantage de la différence de chacun, et partageant un même rêve, celui d'un pays libre, équitable et économiquement dynamique. Un pays qui pourra devenir un modèle pour le monde et ainsi permettre à l'humanité, sous toutes ses formes, de se relever de cet Apocalypse qui l'a ramenée à la bestialité la plus absolue..."

Il tourne alors son regard vers Nell. Un regard fatigué, las, celui d'un homme qui sait ce qu'il devient et qui déteste sa propre image, mais qui est persuadé de la nécessité de faire ce qu'il fait, pas pour lui, mais pour les autres.

-"Je ne connais même pas ton nom. Je suis Eddy Ken Fitzgerald. C'est le nom que me transmirent mes parents. J'en ai d'autres, mais ils n'ont pas autant d'importance. Et toi, comment t'appelles-tu ?"
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Mar 23 Nov - 12:54

29.

Elle comprit à l’écouter que le problème était bien plus complexe que ce qu’elle avait cru au premier abord. Les enjeux ne s’arrêtaient pas à ce que ces prêcheurs avaient fait, mais le dilemme était politique et contre ça, Nell savait que ses arguments de paix ne tiendraient pas la route. Cependant, elle lui sourit, cherchant le contact de sa main, nécessaire, mais il était assis plus loin.

- Non… non je ne vous vois pas comme un monstre, je vous vois comme vous êtes, il suffit de lire ce que vous ressentez. Je sais que vous n’êtes pas celui que le monde vous oblige à être. Je vois vos idées, je vois vos rêves et je comprends…

Elle le sentit si fatigué soudain qu’elle eut envie de lui redonner sa force, la même qu’il avait su lui donner à l’instant de son réveil. Elle inspira profondément et l’enroba d’une vague d’énergie positive, ce qu’on appelait aussi l’espoir, parfois l’amour ou aussi le courage. Elle voulait être tout cela pour lui, elle se devait de surpasser ce qu’ils lui avaient fait, garder espoir, afin de l’aider.

- "Je ne connais même pas ton nom. Je suis Eddy Ken Fitzgerald. C'est le nom que me transmirent mes parents. J'en ai d'autres, mais ils n'ont pas autant d'importance. Et toi, comment t'appelles-tu ?"

Son sourire illumina alors la pièce, cette pièce dont elle prenait seulement conscience, comme sa présence ici. Elle savait, elle avait vu que c’était à lui qu’elle devait son évasion de l’enfer des prêcheurs.

- Mes parents m’ont appelée Anne-Hélène Grifith, mais mon tuteur, Maître Sâ a fait changer mon nom, aux yeux des autres, je suis Anaelle Finn. Mais je préfère qu’on m’appelle Nell.
Et je ne vous ai pas encore remercié pour m’avoir fait sortir de là-bas. Merci Eddy. Merci de m’avoir sauvée.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Mar 23 Nov - 19:49

Il a ressenti l'apport d'énergie comme une immersion dans la lumière qui se met à briller de façon si notable, presque comme il y a 5 ans.

Rasséréné, il écoute ce qu'elle dit et il ne s'interroge pas. Il ne doute en rien de ce qu'elle avance.


-"Anne-Hélène ? C'est un joli prénom, que je préférerais à Nell pour ma part. Mais puisque tu as préférence pour Nell, c'est donc ainsi que je t'appelerais."

Il se lève alors, l'air inquiet.

-"Nell, pourquoi suivre les pas de Maître Sâ ? Cet homme est un tyran, à sa façon, comme les Prêcheurs le sont à la leur. Chacun s'accroche à une vérité qui se veut supérieure à celle des autres et de cette vérité suprême à leurs yeux, ils veulent faire découler des modes de vie imposés. Toi qui peut voir dans le cœur des autres, ne peux-tu voir à quelle extrémité est prêt à aller ton tuteur ?"

Mais avant que Nell ne réponde, son téléphone sonna. Il fit un signe d'excuse et prit la communication. Il se contenta de dire un "j'arrive", avant de raccrocher.

-"Je dois y aller Nell. Réfléchis à ma question. En attendant, tu peux aller et venir à ta guise dans mon appartement. Pendant quelques jours, je pense qu'il serait bien que tu ne sortes pas, afin de ne pas envenimer la situation politique compliquée où nous nous trouvons. Fais comme chez toi, car tu es ici comme chez toi. Juste que..."

Le ton se fait plus lourd, poids d'une peine qu'il ne peut juguler.
-"... tu trouveras une femme ici, une belle femme que les ans peinent à vieillir, mais qui a perdu l'esprit. C'est mon épouse. Elle a travaillé longtemps sur les mutants pour les comprendre et les aider. Mais les maîtres d'Epsilon avaient décidé qu'elle ne servait plus leur intérêt et l'ont manipulée jusqu'à briser son esprit."

Puis, le Président quitta les lieux, non sans transmettre ses consignes aux gardes de la sécurité en faction.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Jeu 9 Déc - 21:28

30.

En effet, la question était d’importance, mais sa réponse aussi. Seulement Eddy devait partir et la réponse fut remise à plus tard. C’est à ce moment qu’il évoqua sa femme et que Nell ressentit cette vague immense de tristesse qui accompagna cette nouvelle. Une nouvelle qui la surprit, car à aucun moment elle n’avait perçu quelque chose concernant cette femme excepté à présent. La réponse à cette interrogation non dite semblait résider dans ce qu’il venait de lui dire. Elle avait perdu l’esprit…

Etrange, cette découverte, ce qu’il ressentait et cette impression qu’elle avait.
Elle le regarda quitter la chambre, intriguée par l’homme…. Et c’est en songeant à ce qu’elle venait d’apprendre, oubliant complètement Maître Sâ qu’elle s’endormit.

A plusieurs reprises, les heures qui suivirent, elle perçut une présence, un visage, un sourire, avec cette impression de ne pas vraiment sortir de son sommeil. Elle dormit le reste de la journée, pour ne se réveiller qu’au soir, entendant quelqu’un qui lui parlait… avec un accent étranger.
Elle ouvrit les yeux pour découvrir un homme, l’expression neutre de celui habitué à servir.

- Déssolé, che ne foulais pas fous réveiller mais ch’ai pensé que fous auriez peut-être vaim ?

L’homme s’avança pour déposer sur la table de chevet un plateau contenant un repas.

- Oh euh..ce n’est pas grave.
- C’est juste un potage, mais si fous préférez autre jose, n’hézitez pas à me demander. Ch’ais pensé que za serait mieux pour commencer.
- c’est…parfait.. merci beaucoup. Nell lui sourit.
- Monzieur a auzi demandé à ze que che fous porte quelques fêtements. Ils defraient être à fotre taille.

L’homme se dirigea vers une armoire qu’il ouvrit lui désignant les étagères et la penderie remplie de vêtements. Puis il hocha la tête et avant de se retirer, lui dit :

- Si fous z’avez encore besoin de moi, che ne suis pas très loin. Appelez Wagner et che viendrai.
Puis il quitta la pièce.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Jeu 16 Déc - 22:22

31.

Nell s’était donc habillée, choisissant une robe couleur beige clair qui rehaussait le roux de sa chevelure. Elle fut surprise de constater que la robe lui allait parfaitement et même de voir que celui qui l’avait choisie, avait fait preuve d’un excellent goût. En se regardant dans le miroir, Nell eut du mal à se reconnaitre dans cette jeune femme très élégante, mais ce n’était pas désagréable.

La journée commençait à peine, mais après avoir dormi presque toute la journée de la veille, elle n’avait plus envie de rester coucher. Elle s’était donc levée pour quitter sa chambre, comme le lui avait dit Eddy. L’appartement était vaste, mais désert, très bien entretenu, mais presque impersonnel. Il manquait quelque chose, des fleurs peut-être ? Oh Nell se souvint qu’ici, les fleurs n’étaient pas monnaie courante. Elle se prit à rêver à ces magnolias et à ces magnifiques cerisiers qui décoraient les jardins du temple de Ayutthaya. Puis se demanda ce qu’était devenu Mani San.

C’est là qu’elle réalisa qu’elle n’avait plus donné de nouvelle de vie à Maître Sâ depuis qu’elle avait suivi les prêcheurs. Elle se ferma en songeant à ces horribles moments qu’elle avait passés dans ces souterrains de la cathédrale, et s’efforça de se concentrer sur le présent.

Devait-elle l’appeler ? Non…. Elle préférait en parler d’abord avec Eddy. Il l’avait accueillie sous son toit, et même plus. C’était grâce à lui qu’elle était sortie de cet enfer. Elle attendrait donc son retour pour savoir que faire. La jeune femme se mit donc en quête de l’étrange majordome à l’accent allemand. Quand elle le trouva, elle retint un cri surpris, et recula aussitôt, terriblement gênée par la situation. Il était occupé à laver une femme étendue sur un lit d’hôpital.


-désolée ! murmura-t-elle avant de s’enfuir dans sa chambre.

Elle n’aimait pas ce qu’elle avait ressenti en entrant dans cette pièce… trop de souffrance, un esprit vide dont on continuait à entretenir l’enveloppe charnelle. C’était si triste…
Nell s’installa en tailleur sur son lit, retroussant la robe sur ses genoux, en position de méditation puis ferma les yeux, pour faire le vide. Elle lui demanderait plus tard s’il savait quand Eddy rentrerait.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Dim 19 Déc - 17:47

Il n'avait pas dormi la nuit complète, pris entre les affaires entre les mutants et les Prêcheurs, sans parler de celle que la CES avait mené au milieu de ce bazar, avec succès d'ailleurs.

Et maintenant, il fallait que l'aviateur ait eu l'idée d'aller faire une soirée sur une île soi-disant déserte. Quelle idée d'aller dîner en plein hiver sur une île ? Qui pouvait concevoir ce genre de chose alors que l'analyse froide et logique des divers paramètres auraient dû l'amener à faire autre chose. Le pire était que mademoiselle Dark était avec lui. Maintenant, ils étaient otages apparemment de mareros, au milieu d'une île tenue par des japonais.

Le temps que ses services démêlent les bribes d'information, organisent en pleine nuit le retrait de deux bataillons des arrières Bakersfield, malgré les beuglements du général O'Connor au téléphone. Certes, il avait rappelé pour s'excuser, une fois lu le câble secret concernant l'île d'Avalon, car, en bon militaire, il avait compris l'intérêt pour la CES d'avoir trouvé cette antenne de... De qui ? Parce que la question était là. La présence de japonais indiquait San Francisco, mais pouvait tout autant indiquait une action autonome du Japon. Surtout que San Francisco, après ce qui s'était passé à San Francisco, n'aurait jamais eu la volonté de s'allier avec ces bandes de dégénérés, les mareros, que Fitzgerald, alors chef de la sécurité, avait réussi à leur envoyer.

Cela l'inquiétait plus qu'autre chose. Si El Cabelludo était impliqué, cela signifiait non pas qu'il jugeait leur accord caduque. Il n'avait jamais cru en un quelconque accord avec ce chef de bande. Simplement, il lui avait offert un terrain de jeu plus facile, sans résistance. Si maintenant il en sortait, c'est qu'il ne s'y amusait plus. C'était cela qui l'inquiétait.

Bon sang, sa stratégie demandait du temps. Elle demandait que San Diego reste dans son marasme le temps qu'il mette fin au conflit avec San Francisco. Mettre fin au conflit avec San Francisco demandait du temps pour qu'il s'allie avec les États Unifiés. S'allier avec les États Unifiés demandait du temps afin de neutraliser le Mexique et Boston, influents dans cette région. Neutraliser le Mexique demandait du temps, afin qu'il puisse traiter avec la Colombie. Neutraliser Boston demandait du temps, et beaucoup de finesse avec Tara Malone, ce qui demandait encore plus de temps.

Du temps, du temps, du temps. Précisément ce dont il manquait cruellement. Il se souvint alors de ce qu'un français, un certain Mirebeau, disait : gardez-vous de demander du temps, le malheur n'en accorde jamais.

Une fois toutes les choses lancées, il avait décidé de s'accorder un petit-déjeuner chez lui, en attendant des nouvelles de l'île d'Avalon, où, selon Abbie, leur meilleure agent, renforcée de gens compétents, était en train d'intervenir pour ouvrir le chemin aux bataillons d'O'Connor. Il avait rencontré cette Thunder, qui lui avait fait une excellente impression. Un agent efficace de la CES, que le secret l'empêcherait toujours de remercier en public. Mais s'il avait des centaines de Thunder, il pourrait résoudre tous ses problèmes en même temps.

A vrai dire, jamais il ne rentrait chez lui quand des choses aussi importantes étaient en cours. Mais il avait de plus une bonne raison. Il souhaitait revoir la jeune Anaelle. Et puis, il fallait qu'il règle avec Wagner le fait de reconduire la jeune femme au monastère. Il ne pouvait pas se permettre un clash avec Maître Sâ en prime.

Il entra, surprenant Wagner qui se hâta de se mettre en quatre pour préparer un petit-déjeuner. Le président passa voir Marylin, que Wagner avait positionné face à la large baie vitrée, afin de pouvoir regarder cette vue qu'elle avait toujours adorée. Il s'approcha d'elle et l'embrasse, sans que cela ne déclenche la moindre réaction. Il le savait, mais il espérait toujours.

Puis, il se dirigea vers la chambre et après avoir frappé plusieurs fois, n'ayant pas de réponse, il se décida quand même à entrouvrir la porte. Il vit alors Nell, assise en tailleur, les yeux fermés. Comme si elle prenait conscience de sa présence, elle ouvrit les yeux et le fixa.

Il lui sourit.

-"Wagner préparer un petit-déjeuner, copieux je pense, comme à son habitude. M'accompagnerez-vous ? Nous pourrions discuter un peu."
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Mar 21 Déc - 20:54

32.

Nell descendit souplement du lit, et réajusta sa robe. Elle lui rendit son sourir, heureuse de le revoir, la pièce s’éclairant soudain d’une nouvelle lumière.

- Vous accompagner ? Oui, ce serait avec plaisir.

Pieds nus elle s'approcha de lui, sans réaliser qu’il lui manquait quelque chose.

- J’aime bien Wagner, c’est son accent surtout. De quel pays vient-il ? Il s’est montré très gentil avec moi. Oh…. Et je voulais vous remercier pour ces très jolis vêtements.

Elle souleva légèrement un pan de la robe de soie crème qui lui allait sur mesure.

- Vous faites décidément beaucoup pour moi…

Elle le suivit tandis qu’il la guidait dans une partie de l’appartement qu’elle n’avait pas encore osé visiter, et se crispa légèrement en passant devant la porte qu’elle avait poussée un peu plus tôt. Mais ne fit aucun commentaire, puisque c’était le sujet qui semblait rendre triste Eddy, et elle ne voulait pas le rendre triste. Elle lui sourit à nouveau tandis qu’il tirait une chaise pour lui permettre de s’installer, et le regarda s’assoir à son tour, avant de jeter autour d’elle, un regard curieux.

- Ca fait longtemps que vous habitez ici ?

Puis se souvenant des leçons de savoir-vivre qu’elle avait prises grâce à Maître Sâ, elle s’excusa en baissant les yeux.

- Désolée, je vous pose beaucoup de questions…. Maître Sâ me dit souvent que j’en pose trop.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Mer 22 Déc - 1:48

-"En politique, la sagesse est de ne point répondre aux questions. L'art, de ne pas se les laisser poser. Mais je ne suis pas en réunion politique, n'est-ce pas ? Alors vous pouvez me poser toutes les questions que vous voulez, Nell. Maître Sâ n'a sans doute pas tort, mais comme le disait un fin homme de lettres, ce ne sont jamais les questions qui sont indiscrètes,mais parfois les réponses."

Il tira une chaise pour l'inviter à s'asseoir, avant de la repousser une fois Nell assise. Il s'assit à son tour, à côté d'elle et non à l'opposé, comme à son habitude.

-"Cette robe vous va à ravir Nell. C'est... C'est une de celle que Marylin préférait et que j'aimais beaucoup. Non, ne faites pas cette tête. On ne saurait vivre que dans le passé. Marylin aimait tellement ce modèle qu'elle en avait acheté plusieurs. Celles qui restent ici n'ont jamais été portées par elle. Vous me feriez plaisir si vous acceptiez de la garder. C'est un cadeau que j'aimerais vous faire."

Wagner s'approcha, redistribua l'installation de la table puisque le président avait changé de place, puis fit le service avant de se retirer.

-"Mais des questions, j'en ai sans doute plus que vous, Anaelle. Qui êtes-vous ? D'où venez-vous ? Pourquoi..." Le Président hésite. C'est tellement rare chez lui, mais Nell ne le sait sans doute pas. Puis il se reprend : "Pourquoi me faites-vous cet étrange effet ? Quand je suis à vos côtés, je ressens une sérénité que je n'ai jamais sentie. Vous comprenez ce que je veux dire, n'est-ce pas ? Je vous vois comme une lumière dans ma nuit intérieure, comme un phare capable de guider l'homme perdu vers... Vers quoi ?"
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Mer 22 Déc - 14:39

33.

La citation l’intrigua, il semblait particulièrement les apprécier. Puis elle rougit sous le compliment, et fut touchée par le présent. Elle n’était pas habituée ni à l’un, ni à l’autre et elle ne savait trop comment réagir. Sans doute qu’il aurait fallu qu’elle lui rende la pareille, mais quoi lui offrir ? Elle se promit d’y réfléchir plus tard. Pour l’instant il semblait avoir son compte de questions à lui poser et elle se prêta de bonne grâce aux réponses.

Elle rit avant de répondre à chacune de ses questions, une par une, sans en omettre aucune :

- Mon nom vous le connaissez et même la façon dont on m’a appelée à ma naissance, … je viens de West Epsilon. Mes parents s’appelaient Sandy et Vicky Griffiths..

Une ombre passa dans son regard et le président put sentir la peine qui accompagnait ces noms..

- Ils sont morts tous les deux, ma mère dans les prisons de cette ville, et mon père…. J’ignore à vrai dire de quelle façon. Mais je le sais. En fait Maître Sâ m’a longtemps fait croire qu’ils étaient décédés dans un accident de voiture, alors que je n’avais que sept ans… Mais j’ai découvert plus tard que c’était faux. A ce moment là, ils étaient en vie tous les deux. Il a prétendu ça, d’après ce qu’il m’a dit, pour me protéger, parce que… parce qu’il savait que je serai en danger si West Epsilon, si le gouverneur Alpha découvrait mon existence. Il a toujours su que j’étais…. Une mutante comme vous dites, même s’il répugne à utiliser ce mot. Il me dit que je ne suis pas comme les autres que mon pouvoir est précieux et qu’il ne faut pas laisser le monde s’en emparer.
C’est donc pour me préserver qu’il m’a envoyé vivre au temple d’Ayutthaya, avec l’accord de mes parents. Je n’ai plus jamais revu ma mère, mais… il y a quelques années, j’ai eu des visions de plus en plus précises, elle… je savais qu’elle était encore vivante, alors je suis revenue à West Epsilon pour la retrouver. Mais au lieu de la retrouver elle, c’est mon père que j’ai retrouvé…. Mon père qui m’a ramenée à Maître Sâ…
- Maître Sâ a ensuite, renvoyé mon ami Mani San au temple des Sankas. Et ensuite, nous avons quitté quelques temps West Epsilon, … c’est…. Quand j’ai appris que mes parents étaient décédés… Je ne pouvais pas douter cette fois de la parole de Maître Sâ, car .. car c’est moi qui ai identifié le… le corps à la ..morgue.

C’était la première fois depuis longtemps que Nell évoquait ce passage de sa vie. Un passage qui avait été très douloureux.

- Ce fut une période très difficile, c’est pourquoi Maître Sâ a trouvé préférable qu’on parte quelques temps. Nous sommes allés vivre chez lui, sur une île dans l’archipel des Grenadines… Et puis Maître Sâ a préféré revenir une fois que je me suis remise. Il craignait que la guerre ne touche l’archipel un jour et… je crois qu’il a de grands projets pour ce pays.

Ce fut à son tour d’hésiter. Pouvait-elle lui faire part de tous les doutes qu’elle ressentait à l’égard de Maître Sâ ? Pouvait-elle lui dire qu’elle avait découvert qu’il lui cachait des choses, des choses qui amenaient une ombre sombre sur lui. Une ombre inquiétante qu’elle avait ressenti. Elle décida qu’il était trop tôt pour inquiéter Eddy avec des doutes peut-être infondés. Nell devait en savoir plus avant de soupçonner l’homme qui avait tout fait pour elle. Elle se sentit honteuse comme bien souvent quand elle avait des doutes.
- Quant à … quant à ce que vous ressentez, je ne peux l’expliquer…c’est peut-être lié à ce don que j’ai…. c’est difficile à définir. Je ressens les choses au-delà de cet instant, je ressens les êtres, ce qu’ils sont au plus profond d’eux, à quelques exceptions…

Nell marqua encore une fois, un arrêt….Elle songeait bien sûr à Maître Sâ. Il savait se cacher d’elle, mais pas indéfiniment. Elle avait déjà trouvé quelques clefs.

- Je peux voir…. Ce qu’ils ont fait avant, et depuis quelques années, je peux voir parfois ce qu’ils feront demain. Je sens les gens, vous comprenez ? Je sais qui ils sont, il me suffit pour ça de les toucher, et ils deviennent comme des livres ouverts…. Et vous… avec vous.

Sa voix ne fut plus qu’un murmure.

- C’est encore plus…particulier. Je ressens ….

Elle prit sa main dans un geste spontané, comme si ce geste allait lui aider à mettre des mots sur ce qu’elle ressentait.

- Votre force, une très grande force. Je sais que vous êtes un homme juste…. Mais bien plus encore. Je me sens bien avec vous, en sécurité…. peut-être… parce que pour la première fois, je rencontre une personne qui n’a pas peur de ce que je suis.

Nell lâcha soudain sa main. Il y avait autre chose, mais elle ne put l’expliquer.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Mer 22 Déc - 19:03

La première partie du récit de la jeune femme le replongea dans les années les plus noires de West-Epsilon et de sa vie, celles où Alpha lui avait ravi son épouse pour tenter d'en extorquer les secrets génétiques des mutants. On lui avait toujours fait croire qu'elle avait été tuée par une explosion, mais ce qu'il avait découvert dans les Bunker 47-3 était bien plus terrible.

Le reste du récit, il sentit bien la force de la jeune femme, mais il ressentit aussi son doute. Cela arrivait à chaque fois qu'elle commençait à parler de Maître Sâ. Mais surtout, en permanence, il ressentait une immense confiance émaner de la jeune femme, ce qu'il appelait un phare dans la nuit. Comme dans l'antiquité, elle était un point de repère pour ceux qui affrontaient la mer de la vie.

-"Nell, vous êtes une des rares personnes à savoir ce que je suis, c'est-à-dire un mutant empathe. Il faut que cela reste inconnu du reste des gens, car l'humanité n'est pas encore prête à être dirigée par un mutant. C'est... C'est très important ce que je dis Nell, car découvrir cela serait un motif suffisant pour que Boston nous déclare la guerre. Je ne veux pas être un motif de guerre, même si toutes mes analyses me laissent entendre que nous ne pourrons y échapper, nous, ou la génération qui nous suivra. Le monde voudrait que l'apocalypse soit passée et que nous rebâtissions les choses comme avant. Mais plus rien n'est comme avant, car le virus de l'apocalypse a donné naissance à ce que vous, comme moi, comme Maître Sâ et comme plein d'autres, nous sommes : des mutants."

Il prit le temps de beurrer une tartine. Wagner vint, proposa un thé vert à la jeune femme et servit un long café au Président. Puis il s'éclipsa de nouveau.

-"Je vous remercie pour ce que vous dites de moi. Cela pourrait me rassurer en ce que le pouvoir ne m'a pas encore totalement corrompu, même si je sais être déjà différent de ce que je fus. Le sens du compromis m'a hélas obligé à accepter certaines choses que pourtant, je ne voudrais pas pour les citoyens de la CES. Ce qui inclue autant les Prêcheurs que l'organisme créé par Maître Sâ. Mais je ne veux pas en parler. Ce que vous devez retenir, chère Nell, c'est qu'il vous faudra bientôt retourner vers lui et qu'il faut ne pas oublier que vous ne devez jamais dire qu'après votre libération de l'antre des Prêcheurs, c'est chez moi que vous avez trouvé refuge. Il doit ignorer que nous nous sommes vus, croyez-moi, pour le bien de tous."

Il mange un peu, silencieusement. Il semble fatigué. Il veut parler de nouveau, mais son téléphone sonne. Avec un sourire, toujours le même sourire qui n'exprime rien d'autre que le fait qu'il est à l'écoute de l'autre, mais ne permet pas de percer les mystères de ses pensées, il s'excuse et se lèvre. L'échange est bref, mais il n'est pas difficile de sentir un certain soulagement, puis une certaine excitation.

Quand il revint s'asseoir, il paraît déjà moins grave, comme quelqu'un qui a enfin reçu d'excellentes nouvelles après une série de mauvaises.

-"Mais trêve de discours sur la politique ou autre, même si mes propos sont importants et que vous devez ne pas les oublier. Parlons plutôt de vous, de votre arrivée ici, de ce que vous avez aimé, et de ce que vous n'avez pas aimé dans cette ville. Quitter un monastère que je suppose isolé pour une ville comme West-Epsilon, cela a du être, à défaut de terrifiant, une épreuve personnelle, non ?"

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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Mer 22 Déc - 21:09

34.

Nell hocha la tête à sa requête. Il pouvait avoir entièrement confiance, ne le savait-il pas déjà ? Enfin oui peut-être que la confiance n’était –elle pas la seule en cause. Après tout, elle avait l’art part sa naïveté de mettre les pieds dans le plat, mais beaucoup moins ces dernières années qu’elle ne l’avait fait à son arrivée à West Epsilon. Son expérience lui avait appris depuis qu’il y avait des choses qu’il valait mieux taire, ce qu’elle pratiquait déjà avec Maître Sâ, même si le secret était l’un des poisons de l’âme.

Un autre point du discours du président provoqua un étrange sentiment chez elle, le fait qu’il lui annonçait qu’elle devrait rentrer chez elle. Non pas qu’elle ne se réjouissait pas de rentrer bien au contraire, c’était… autre chose. Et puis elle perçut sa fatigue, ce qui la chagrina…

Elle attendit qu’il revint vers elle après cet appel reçu pour poursuivre la conversation.

- Oui, il y aurait beaucoup à dire sur mon arrivée à West Epsilon. Ce fut particulier, et éprouvant de constater à quel point les gens de cette ville, ont oublié d’écouter l’autre, d’être attentif à son prochain, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre tout ce que je découvrais, comme la haine de l’autre, parce qu’il est différent, l’intolérance. Et les prêcheurs m’ont donné un nouvel aperçu….

Nell baissa les yeux, ses prunelles passant au vert sombre.

- De … de….la cruauté, du fanatisme, de la bêtise et de cette terrible intolérance.

Son rythme cardiaque s’accéléra, elle revit, elle se souvint de ce qu’elle avait ressenti sur la place devant le monastère, cette haine insensée, ces regards, cette envie de meurtre et l’odeur du sang. Il lui sembla qu’un étau lui serrait la gorge. Elle respira plus vite, comme en proie à la panique, les larmes venant noyer ses yeux, puis s’efforça de reprendre le dessus, calmant sa respiration et les battements de son cœur. Tout cela faisait partie du passé désormais, elle n’avait plus à s’en inquiéter. Sauf que… Nell leva les yeux vers le président :

- Je suis contente de savoir que je vais pouvoir rentrer mais…. J’ai peur qu’ils recommencent. Ils voulaient me punir parce que j’étais une mutante, ils…. Ils recommenceront. Parce qu’ils n’ont pas compris, ils n’ont pas compris que nous ne sommes pas si différents que ça.

Elle le dévisagea, puis secoua la tête.

- Désolée…. J’ai eu beau apprendre ces dernières années, de quoi l’humain est capable, j’ai toujours beaucoup de mal à gérer ces sentiments, la haine, le mépris, toutes ces émotions néfastes pour l’esprit. Mais heureusement, il reste du bon dans cette ville. Vous m’avez demandé ce que j’ai aimé, c’est simple, ce fut de découvrir qu’il reste des gens comme vous qui ont espoir d’offrir un avenir meilleur pour ces habitants. Même si … je devine que le prix à payer peut être très lourd.
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MessageSujet: Re: Retour d'une naufragée   Mar 18 Jan - 0:14

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Retour d'une naufragée

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