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 [J-5]De biens mauvaises nouvelles

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Laura Roslin

Surfaciens
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MessageSujet: [J-5]De biens mauvaises nouvelles   Mar 11 Avr - 15:28

On toquait à la porte, vivement. Laura ne put s’empêcher d’avoir le cœur qui s’arrête de battre quelques instants, avant de souffler. Si c’étaient des Boyz qui frappaient, ils auraient défoncé la porte. Elle se leva, caressa la tête de Sharon occupée à lire « de la démocratie en Amériques » de Tocqueville, en français bien sûr.

Elle entrouvrit la porte pour découvrir le visage rougeaud de Billy, qui, visiblement, avait couru. C’est sur un ton tout essoufflé d’ailleurs qu’il lâcha : ils l’ont fait. Ils ont attaqué les Boyz de surveillance, au marché. Ca a mal tourné. Il y a des blessés et des morts. Je ne sais pas encore qui, combien. Les récits sont flous.

Le visage de Laura se ferma. Bien sûr, Tom avait remporté la dernière discussion, bien sûr, il avait discuté de « plans ». Mais elle ne pensait pas vraiment qu’il passerait à l’acte. Enfin pas si vite, pas avant une autre réunion. C’était… c’était fou ! L’enfer allait s’abattre sur eux !

Il faut que j’y aille.

Je ne crois pas madame : ça grouille de monde là-bas. Et si on vous voit, si on imagine un instant que vous pourriez être, de prêt ou de loin, mêlée à cela…

Billy. Il faut que j’y aille. Est-ce que tu peux garder Sharon pendant ce temps ?

Billy soupira et acquiesça.
Bien.

Laura rentra, l'invitant à le suivre. Elle désigna le grand jeune homme dégingandé à sa fille.

Sharon, maman doit sortir. Billy connaît bien Tocqueville. Il va t’aider. Billy, Sharon doit non seulement lire ce magnifique ouvrage, mais doit surtout me dire en quoi l’analyse de Tocqueville sur notre système politique américain dénote d’un regard trop européen sur cette question, et pourquoi. Vous pouvez l’aider ?

Billy eut un grand sourire. Les études politiques, c’était son truc. Sharon eut un sourire encore plus franc. Billy était tellement malléable parfois qu’elle pourrait bien réussir à lui faire faire ses devoirs à sa place.

Hum, Billy. C’est elle qui doit travailler, pas vous. Contentez-vous de l’aiguiller quand c’est nécessaire.

Le sourire disparut du visage de Sharon. Qu’est-ce qu’elle ne donnerait pas pour être avec ses copines, en train de parler de garçons et de déambuler dans les rues en s’amusant à échapper aux patrouilles Boyz ! Ce serait cent fois plus excitant que d’être ici ! Elle soupira.

Laura se retint de placer une leçon de moral. Le fait que sa fille se détournait facilement des études, ne comprenant pas qu’elle construisait l’avenir, lui faisait mal. Elle espérait juste que ce n’était qu’un effet du passage de l’adolescence, mais son flair d’enseignante lui disait qu’hélas, Sharon n’était pas faite pour ce type d’études. Peut-être devrait-elle penser à autre chose pour elle ? Mais pour l’instant, les études étaient ce qui lui permettait de la garder à la maison, sous sa surveillance. Sharon était trop belle pour se retrouver dehors sans de grands risques pour elle. Surtout si la situation dégénérait, et elle allait dégénérer.

Je ne tarde pas. Je reviens bientôt. Travaillez bien !

Et, passant une veste élimée, terne, Laura referma la porte. Tout en descendant elle remonta ses cheveux roux pour les passer dans un foulard afin de ne pas attirer l’attention plus que nécessaire.

Une fois dehors, elle paraissait grise, à l’image des murs qu’elle rasait, le regard légèrement baissé.

Comme ils le faisaient tous ici.
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Laura Roslin

Surfaciens
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MessageSujet: Re: [J-5]De biens mauvaises nouvelles   Dim 16 Avr - 16:48

Elle revint du Marché le pas lent, l'esprit en feu.

Elle avait un bon aperçu de ce qui s'était passé, et elle pressentit que la réaction de ce Balayzboyz allait laisser des traces. La communauté entière était fragilisée depuis que cette Audrey avait appuyé sur les failles de la société de Seattle, et les mois qui suivirent la fin de la guerre civile n'avaient fait qu'aggraver les différents entre les anciens citoyens de Seattle et les réfugiés qui avaient fini, par lassitude, par poser leurs sacs sous la poigne de la Horde. Le Grand Hiver n'avait fait que montrer combien chacun s'était replié sur soi, combien l'entraide n'était souvent qu'un mot vain.

Alors, appeler à la dénonciation dans ce climat, c'était pire qu'appeler au crime. Tout le monde allait être prêt à dénoncer son voisin, que ce soit pour une raison valable, que ce soit juste pour s'approprier ses biens, que ce soit pour se venger d'un mal réel ou imaginaire.

Elle en aurait pleuré.

Mais elle devait être forte. Il fallait désormais ne plus se contenter de parler durant les réunions de la Résistance. Il fallait les convaincre que le chemin de la violence ne ferait qu'empirer les conditions de leur vie actuelles. Résister ne demandait pas toujours de tuer aveuglément ceux contre qui le mouvement était tourné. Certaines révolutions, dans l'histoire humaine, avaient pu aboutir de manière parfaitement pacifique.

C'est le cœur lourd, mais l'esprit en pleine réflexion qu'elle passa la porte de son petit domicile. Elle raconta à Billy ce qu'elle avait pu voir, et s'ouvrit de ses craintes.

Tout bascula quand sa fille lança à travers la pièce l'ouvrage de Tocqueville.

Et voilà ton problème ! Tu parles, tu parles, tu veux qu'on lise ou apprenne pour "se libérer" comme tu dis. Et tu critiques en permanence ceux qui FONT quelque chose, alors que toi, tu ne fais que parler. Ces résistants, et bien ce sont des HEROS ! Eux, ils font quelque chose, et s'il y en avait plus comme eux ici, et bien il y a longtemps qu'on mettrait ces Boyz dehors ! Les livres, ça ne sert à rien ! Ce qui sert à quelque chose, c'est un flingue pour buter ces bâtards !

Laura la regarda effarée, autant par ce qu'elle avait dit que parce qu'elle avait hurlé, semblant se moquer totalement de l'acoustique lamentable de leur lieu d'habitation, et donc qu'on puisse l'entendre...
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Laura Roslin

Surfaciens
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MessageSujet: Re: [J-5]De biens mauvaises nouvelles   Mar 2 Mai - 17:09

Comment... Comment peux-tu seulement oser dire ça ? N'as-tu rien compris de ce que je te fais lire sur la violence et son inutilité ?

Mais Sharon, l'air butée, ne l'écoute pas, elle renverse tout-à-coup le maigre bureau, éparpillant feuilles, crayons et livre au sol. Elle s'empare d'un manteau et passe devant sa mère, en la bousculant de l'épaule.

Je me barre de cette maison de merde !


Sharon ! SHARON ! Je t'interdis !

Mais déjà l'adolescente claquait la porte et on pouvait l'entendre commencer à descendre les escaliers quatre à quatre.

Billy fit mine de vouloir la rattraper.

non..., souffla Laura. Avant de s'effondrer sur un siège, la tête entre les mains.

Je... Je peux faire quelque chose ? Je pourrais la suivre, m'assurer que tout va bien.

Mais Laura était dans un autre monde, dans son propre monologue.

J'ai tout fait pour elle... Je me suis battue pour qu'elle puisse apprendre, s'éduquer, grandir avec du discernement. J'ai voulu la protéger... Et tout ça pour quoi ? L'attrait de la révolte est si fort... Si fort...

Billy ne répondit pas. De toute façon, qu'aurait-il pu dire. Il se contenta de se diriger en quelques grandes foulées vers le bazar et remit tout en place, dans le silence uniquement rompu de temps en temps par quelque nouveau monologue de Laura. Il aurait voulu en savoir plus aussi sur le marché, sur ce qu'elle avait vu, mais il se doutait bien que ce n'était pas le moment de l'interroger.

Et puis soudainement, la femme se leva, séchant ses yeux humides d'un revers sec de la main.

Elle admire la résistance. Parce qu'être enseignante, cela n'a aucune valeur à ses yeux. Et bien soit. Puisqu'elle veut aller dans cette direction, je vais lui montrer ce que l'éducation apporte. Cette résistance chaotique, disparate, balbutiante, inorganisée, je vais lui donner ce que personne ne lui a jamais donné avant : un but, un plan.

Billy en aurait laissé tomber ses deux grands bras. Mais il n'en a pas le temps. Elle bondit quasiment sur lui et lui en saisit un.

Billy, va dire qu'il fait réunir d'urgence le Bureau de la Résistance. Ce soir.

La poigne autant que la détermination qu'il lut dans les yeux de Laura le convainquirent de ne rien opposer à cet ordre péremptoire. Il se contenta donc d'un :

Oui, madame.

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